23.02.2006
Prière du soir
Interconfessionnelles le matin, les prières du soir sont à l’assemblée organisées par familles d’Eglises. Ce soir c’était au tour des ‘Eastern Orthodox’ de faire partager leurs richesses spirituelles aux participants de l’assemblée. Un office inspiré des Vêpres s’est conclu par une bénédiction du pain, du vin, de l’huile et d’autres dons de la création, et par la distribution du pain béni aux 2000 participants.
Heureusement tout le monde orthodoxe était là (sauf les membres du comité central retenus pas une réunion). L’unité fondamentale du monde orthodoxe a enfin jailli. 
On voyait autour de Mgr Damaskinos (patriarcat de Constantinople) qui présidait la cérémonie côte-à-côte des prêtres du patriarcat de Moscou, de Roumanie, de Serbie, de Grèce, de Jérusalem, d’Antioche, de Finlande, etc…
Un arc-en-ciel s’était déployé juste avant cet office comme pour signifier la paix de Dieu. Et grâce aux intercessions ‘pour la paix du monde entier, la prospérité des saintes Eglises de Dieu et pour l’union de tous’, ainsi que grâce à la beauté des chants et à l’intelligence des organisateurs (Mgr Gennadios de Sassima, le père Ioan Sauca) - qui ont su faire monter à la tribune des jeunes femmes et un étudiant africain afin de lire les Ecritures -, les participants à cette prière ont réellement été émus. 
Il semblerait donc que les tensions inter-orthodoxes se soient apaisés. Les orthodoxes ont en effet été unanimes pour présenter la liste de leurs candidats pour le comité central, pour la présidence du Conseil (Mgr Anastassios de Tirana et de toute l’Albanie, déjà élu avec 7 autres co-présidents dont sa sainteté l'abuna Paulos, patriarche de l'Eglise orthodoxe Tewahedo d'Ethiopie), et même pour un candidat à la présidence (père Léonide Kishkovsky) et à la vice-présidence (Mgr Gennadios de Sassima) du comité exécutif. C’est pourquoi Mgr Gennadios va jusqu’à dire qu’au COE ‘c’est l’unité du monde orthodoxe qui prévaut’. C’est même selon lui ce qui a permis aux orthodoxes de gagner des sièges et de faire passer leur représentation au COE à 19% (auxquels on peut ajouter les 7% des orthodoxes orientaux).

Souhaitons que cette unité visible de l’Orthodoxie au COE manifestée spirituellement et paisiblement ce soir se diffuse dans l’ensemble du monde habité !
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21.02.2006
Les mouches brésiliennes
Hier matin l'archevêque anglican Desmond Tutu a eu le droit à une double standing ovation ! Il a voulu calmer la salle en disant qu'il ne fallait pas exagérer, qu'il n'était pas si connu. 'Récemment, expliquait-il une femme est venu me voir en me disant : 'Hello archibishop Mandela!'. Eclats de rire!
Tout comme le président Lulla, le prix Nobel de la paix (1984) a rendu hommage au COE pour son soutien ferme pendant les années d'apartheid. ' Ce prix Nobel, ce n'était pas le mien, c'était le notre, et vous le partagez. Merci.'
Desmond Tutu a cependant expliqué que l'apartheid n'a été possible que parce que les chrétiens étaient divisés. 'Regardez également comment une Eglise divisée a exacerbé le conflit en Irlande du Nord.'
Le théologien anglican a insisté sur l'amour de Dieu après l'épisode de Babel et après la trahison des apôtres : 'Jésus n'a pas condamné ses disciples qui tous l'avaient abandonné à sa mort sur la croix. Après sa résurrection il a appelé ces hommes - des couards si abjects qui l'avaient trahi, qui l'avaient renié, et qui l'avaient tous abandonné. Il ne les a pas appelés en les nommant indifféremment, mais en les appelant : mes frères'.
Lors de la conférence de presse, D. Tutu s'est tourné vers l'archevêque Anastase d'Albanie pour citer 'un saint russe' qui expliquait que 'plus nous allons vers Dieu et plus notre coeur s'ouvre et devient plus inclusif'. Il suffit de lire les lignes qui suivent pour mesurer le propre degré d'ouverture de D. Tutu. 'Not surprising for this Jesus, speaking of his coming glorification on the cross declares : ' I if I be be lifted up will draw all to me'. Not some but all.' Le Christ monté au ciel attirera tous les hommes à lui. Cette promesse, rapportée par saint Jean, a été faite sur la croix !
Et D. Tutu a rajouté : 'Tous!... même Bush (rires), même Ben Laden, même les homosexuels, tous font partie d'une seule famille, sont aimés et sont précieux aux yeux de Dieu.' C'est tellement important de rappeler cela. Même mes amis russes, si sensibles au désordre moral de la planète, ont admis la force de son propos. Le père finlandais Heikki Huttunen, l'un des meilleurs pasteurs orthodoxes que je connaisse, a lui aussi animé son séminaire sur la sexualité humaine.
Il a rappelé que toute personne, quelle que soit son orientation sexuelle, devait être accueillie dans la même joie que celle avec laquelle saint Séraphin de Sarov saluait les personnes qui venaient le voir. Cela n'empêche pas comme le disaient les russes avec qui je dînais ensuite que dans un second temps on explique aussi que la vie nouvelle en Christ nécessite un travail sur soi, un repentir. Mais le langage de l'amour 'comprend tout, espère tout'.
Cette phrase du Christ 'J'attirerai tous les hommes à moi' était l'une des préférées de Mgr Kassien (Bezobrazov), doyen de l'Institut saint Serge après guerre et auteur de l'excellent livre Le Christ et la première génération chrétienne.
Je suis content que son successeur, le père Job Getcha, fasse partie du nouveau comité central du COE. J'espère de tout coeur que lui, et ceux qui l'entourent à l'Institut St Serge, pourront faciliter l'entrée du monde orthodoxe dans le XXIe siècle.
Car il y a des jeunes orthodoxes qui promettent comme le kényan John Ngige Njoroge qui a lu à l'assemblée main dans la main avec une jeune théologienne coréenne Lei Garcia le message suivant : 'We commit ourselves to our continuing journey in calling one another to visible unity in one faith and in one eucharistic fellowship, expressed in worship and common life in Christ, through witness and service to the world, and to advance towards that unity in order that the world may believ (WCC Constitution).
Hier à la réunion informelle organisée par Syndesmos, bien que la plupart des théologiens de Moscou et de Constantinople ne se soient pas exprimés, les amis 'non-orthodoxes' de l'Orthodoxie qui étaient là, comme Dagmar Heller par exemple (cf photo) ont interpellé avec délicatesse les orthodoxes à être plus présents, plus actifs, et peut-être aussi plus humbles dans les réunions oecuméniques. Mais quand Christophe d'Aloisio a demandé aux personnes présentes, une bonne soixantaine, comment ils transmettraient leurs convictions oecuméniques à leurs paroisses après l'assemblée, on entendit pour la première fois distinctement voler ...les mouches brésiliennes!
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20.02.2006
La découverte des pentecôtistes et des évangéliques
Je ne connaissais en fait ni les évangélistes ni les pentecôtistes. La présentation du revd Dr Norberto Saracco, de la Good News Evangelical Church, en Argentine, m'a beaucoup intéressé et réjoui, tellement que je vous recommande vivement de lire son texte qui n'existe pour l'instant qu'en anglais.
Cette présentation me confirme dans mon opinion qu'il faut comprendre l'Eglise comme une réalité personnelle et non comme un concept, qui postule l'homogénéité en tous temps et en tous lieux. Même si je me sens proche des remarques à la fois bienveillantes et critiques faites par le théologien catholique p. Jorge A. Scampini au texte 'Appelés à être l'Eglise une', il faut de toute urgence que les théologiens comprennent cette nécessité de se dégager du conceptualisme, souvent critique, injuste et institutionnel.
L'Eglise a des visages différents en fonction des contextes et c'est toujours la même Eglise. L'Eglise a des densités de relations inter-confessionnelles différentes en fonction des personnes et c'est pourtant la même Eglise. Si nous la regardions comme une échelle vivante réunissant le ciel et la terre nous accepterions cette unité par capillarité, par niveaux de conscience beaucoup plus facilement. Nous serions beaucoup moins tenté de protéger Dieu de toute hérésie, ou plutôt de protéger notre représentation de Dieu de toute opinion partielle. Tandis que au contraire, tant que nous cherchons à montrer que le vinculum symbolicum doit être indissocié du vinculum sacramentale et du vinculum hierarchicum, comme nous l'a exposé ce matin le père Scampini, nous oublions de nous situer.
Oui la confession de foi est indissociable de la vie liturgique et de la nécessité d'un ordre dans l'Eglise. Je ne le conteste pas. Mais ceci concerne un certain niveau de discussion, un certain de degré de corporéité, un certain degré d'intensité dans la connaissance mutuelle. Pourquoi le joug de l'unité toujours plus dense doit-il toujours l'emporter sur la primauté fondamentale de la joie du seul fait d'être chrétien ? Etre au pied de la croix ne suffit-il pas à notre identité chrétienne globale ? Ce n'est ni du minimalisme doctrinal ni du new age que de dire cela. C'est prendre conscience que, avant tout, notre identité chrétienne est amoureuse, sapientielle, tournée vers les plus démunis, et ensuite seulement tournée vers nous-mêmes, vers nos imperfections, vers la nécessité impérative de mieux nous comprendre.
Je me suis senti plus proche aujourd'hui de Norberto Saracco que de Jorge Scampini.
New Possibilities in the Quest for Visible Unity
A Contribution from the Evangelical Churches of Latin America
Dr J Norberto Saracco
You belong to the same church as me,
If you stand at the foot of the cross.
If your heart beats in time with to my heart,
Give me your hand. You are my brother, my sister.
For decades the words of that chorus have been sung by millions of evangelicals throughout Latin America. It has been a sort of theme song in meetings and activities at which brothers and sisters of different denominations met. Its ecumenical theology is simple: if you are at the foot of the cross, you belong to the same church as I do; if your heart beats in time with my heart, you are my brother, my sister.
That simple statement reduces centuries of ecumenical discussion to the barest minimum, but it also glosses over our real divisions.
Diversity and plurality, values which are a legacy from our Protestant history, have drifted towards fragmentation and polarization. These have been features of the life of the evangelical churches and, for the Pentecostals, almost a measure of their spirituality!
However, today it is different. In recent years, it has been the evangelical churches, and particularly the Pentecostal churches, that have worked hardest in the quest for the visible unity of the church. The strengthening of the National Alliances and Federations of Churches, the establishment of Pastoral Councils in thousands of cities, and joint mission and evangelism projects are only some examples of this. We know that it is not the same in all places and that there is still much to be done, but it would be wrong not to acknowledge the truth of this.
For the evangelical churches, unity comes out of their faithfulness to the Word of God and and out of mission. In the Lausanne Covenant, it is put like this: “We affirm that the visible unity of the church in the truth is the will of God. Evangelism is also an invitation to unity, since unity strengthens our witness, just as disunity is a denial of our gospel of reconciliation.”
For evangelical churches, unity is not based on the recognition of a hierarchical authority, nor on dogmas, nor on theological agreements, nor on alliances between institutions. We have to accept that that way of doing ecumenism has gone as far as it can. We know one another better than ever before, we have said to one another all that we have to say, and we understand exhaustively the causes of our divisions. What is the next step to be? The ecumenical agenda must disentangle itself from the past and become open to the ecumenism of the future. In a dynamic and lively church, like the church in Latin America, there is an ecumenism of the People of God, which declares, like the song I mentioned to begin with, that if you and I are at the foot of the cross, then we belong to the same church, so, give me your hand, let us walk together, you are my brother, my sister. I admit that this ecumenical simplicity may be disturbing, but its sole aim is to help an ecumenism that has come to a standstill to break out of its inertia.
Why can we not listen to the millions of Christians who have no understanding of our divisions? In recent decades, we have in fact witnessed the weakening of denominational structures. There has been a globalization of religious experience. The lines of authority, loyalty and spirituality cut across the different denominations. We cannot ignore the dangers in this new situation, but we must also ask, Will this not be, perhaps, the breath of the Spirit? Will it not be that God is creating something new without our being aware of it?
We are being asked, how can the evangelical churches relate to the fellowship of churches which belongs to the World Council of Churches?
When the question is asked in that way, the diversity among the evangelical churches and the diversity among the WCC member churches make an answer impossible.
I can, however, suggest some possible ways how they can relate to one another…
We need to regard one another honestly with mutual respect and appreciation. In the past, we evangelical churches in Latin America have (in inverted commas) “evangelized” by exposing the weaknesses of the Catholic Church. Today it is different. In the 1970s we were also not able to understand the struggle of our brothers and sisters who, at that time, were risking their lives by being witnesses to Jesus Christ, his justice and his truth. Since then, we have, more than once, publicly and privately, repented of this. Unity becomes, however, difficult when our brothers and sisters treat us as sects, when they regard Pentecostals as a threat, and see in the growth of evangelical churches an advance of the pro-war right. Unity cannot be built on misrepresentation and prejudice.
We need to understand that the religious map of the world has changed and that the map of Christianity has also changed. The centre of gravity of the church has moved from the North to the South. The fact that this Assembly is taking place in this city of Porto Alegre is not a coincidence. We, the Christians from this part of the world, therefore have this not-to-be-missed opportunity to make our unity in Christ visible in our day-to-day commitment to mission. Our impoverished peoples, our pillaged lands and our societies in bondage to sin present us with a challenge. An ecumenism of mission is possible in so far as Jesus Christ is proclaimed as Saviour and Lord and the gospel presented in its entirety. We believe that the centrality of Jesus Christ points up the difference between the mission of the church and religious compassion. We need to be clear. Latin America needs Jesus Christ and we should come together in mission to declare that truth.
We need to accept our diversity as an expression of the grace of God that itself takes many forms. There are different ways of being church and in recent times that diversity has multiplied. It would be a good ecumenical exercise to find out what are the limits to diversity that we are prepared to accept. But we need to accept one another without reservation, without dividing churches into first-class and second-class. It needs to be an acceptance without ecclesiological word-play (communities of faith, ecclesial communities, churches, and so on), which is an attempt to conceal our inability to acknowledge others as part of the one church.
Allow me to end with a question. Suppose we were to give the Spirit a chance? We have used oceans of ink and tons of paper in writing about unity. That has not been a waste of time, effort or money. But it has brought us as far as we can go. Is not this the time for a new Pentecost? Only a Spirit-filled church will see racial, sexual, economic and ecclesiastical barriers come down. Only Spirit-filled lives will stop calling “impure” or “unclean” what God has called holy, and stop regarding as sacrosanct what is “unclean”.
The unity of the church will be a work of the Spirit, or it will not be at all.
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Victoires et défaites de l'Orthodoxie
Mgr Rowan Williams, archevêque de Canterbury, a marqué fortement les participants de l'assemblée. Dans son discours 'Identité chrétienne et pluralité religieuse' il a redéfini l'identité chrétienne comme l'appartenance à un lieu que Jésus définit à notre intention. Et ce lieu n'est pas le 'territoire canonique' mais le témoignage et l'engagement fidèle que Dieu est 'justice, impartial, universel, un Dieu libre de pardonner les fautes. Nous devons l'appeler Père en termes à la fois intimes et audacieux.' Le chrétien est celui qui demeure aux côtés des plus pauvres. Le primat de la communion anglicane rejette à la fois tout exclusivisme et tout relativisme.'La place de Jésus est ouverte à tous ceux qui veulent voir ce que voient les chrétiens'.
Lors de la conférence de presse j'ai demandé à Mgr R. Williams si le fait que le seul auteur chrétien qu'il ait cité soit un orthodoxe ne signifiait pas que le temps était venu pour les chrétiens d'Occident, catholiques, luthériens ou anglicans, de se désigner orthodoxes. Car le christianisme dans la définition de R. Williams est la vie en Christ dans l'Esprit, soit exactement la définition que donne de l'Orthodoxie le père Boulgakov. Sa réponse a fusé : 'Increasingly yes!', 'Oui de plus en plus! Et quelle n'a pas été ma joie de l'entendre citer en plus de Olivier Clément, mon ami le père Michael Plekon, 'l'un des témoins vivants de l'Orthodoxie en Occident'.
Malheureusement ce retour à l'Orthodoxie du monde chrétien passe par dessus la tête de la plupart des délégués orthodoxes. Hier lors de la réunion du monde orthodoxe, le spectacle était affligeant. Aucune conciliarité n'était présente dans l'organisation de la réunion. On a appris qu'il y avait plus de deux millions d'orthodoxes vivant au Brésil, membres du patriarcat d'Antioche, mais aucune place ne leur a été donnée pour se présenter, voir pour organiser une célébration liturgique ! Le patriarcat oecuménique monopolisait le leadership tandis que Moscou se taisait.

La décision avait été prise que chacun célèbre la liturgie du dimanche dans son coin. On n'a même pas envisagé de mélanger les délégations. Alors que C. d'Aloisio n'a eu que 5 minutes pour parler, Mgr Gennadios a lu pendant 20 bonnes minutes le détail des horaires de bus pour aller à l'Eglise du patriarcat de Constantinople. On a bien ri !
Mais à la fin de la réunion plusieurs jeunes orthodoxes m'ont confié qu'ils iraient aux liturgies pentecôtistes et catholiques le lendemain tant la crise du monde orthodoxe était triste... Quand à mon ami catholique venu assister à la réunion en observateur, il est reparti en me glissant avec regret: 'Voyez comme ils s'aiment...'
Nous sommes réellement à la veille d'un éclatement du monde orthodoxe. Je viens d'ailleurs d'apprendre que la cathédrale de Nice que le patriarcat de Moscou souhaite subtiliser à Constantinople représente plus de 70 % des recettes (grâce au tourisme) de l'Eglise orthodoxe russe relevant de Constantinople en France. Si Moscou récupérait la cathédrale de Nice ce serait donc la fin d'une Eglise qui, malgré toutes ses faiblesses, est l'héritière du principal mouvement de réforme de l'Orthodoxie au XXe siècle avec des figures comme S. Boulgakov, N. Afanassiev, O. Clément, etc... Heureusement j'apprends grâce à orthodoxie.com que C. Estrosi souhaite classer monument historique la cathédrale.
Les Eglises d'Amérique Latine ont donné une toute autre image d'elles-mêmes aujourd'hui. Un spectacle, mêlant le théatre, les images, la danse et la musique nous a été montré en présence de Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la paix, et de Nora Cortinhas, l'une des fondatrices du Mouvement des mères de la place de mai. Deux visages purs, établissant un lien direct entre le Christ, la justice et la paix. Leur grand combat en faveur de la liberté mené de façon oecuménique contre les dictatures des années 60-80 a abouti à la victoire de la démocratie. Et les chants en faveur de la liberté accompagnés par une flûte de paon et des tambours sur fond d'images de jeunes disparus dans les geôles des dicatatures militaires étaient bouleversants. Quel contraste avec le combat pour la place de proestos de nos Eglises orthodoxes!'Les sources d'énergie du christianisme aujourd'hui ne sont pas institutionnelles, elles se trouvent dans l'oecuménisme de la vie' me souffle, comme pour m'aider à 'ne pas désespérer', Elisabeth Raiser, l'épouse de Konrad Raiser et une femme remarquable.
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17.02.2006
Les médias et Porto Alegre
Discussions hier en salle de presse avec les journalistes présents. Je me rends compte que tous ne partagent pas mon enthousiasme par rapport à cette assemblée.
Certains considèrent que cette assemblée est une sorte de bazar incapable de prendre aucune décision en 3 jours de temps.
D'autres sont sceptiques par rapport à l'Appel AGAPE, en disant qu'il est trop facile de proclamer des beaux principes alors que la vraie question est celle du mode de leur application.
Ce matin je donne une interwiew pour Radio Notre Dame et la encore la journaliste n'a qu'une seule question : 'à quoi sert ce rassemblement au bout du compte ?'
Mon voisin de chambre à l'hôtel, le rédacteur en chef du principal journal du patriarcat de Moscou, m'explique qu'il a trouvé le niveau des discussions très faible lors des conversations oecuméniques.
Et il est bien vrai que ce n'est pas parce qu'on est une femme, jeune, de l'hémisphère sud, qu'on est nécessairement une grande théologienne. C'est l'impression que j'ai eu aussi en écoutant tout à l'heure le Bate Papo (dialogue) entre Mgr Rowan Williams, archevêque de Canterbury et Peggy Mekel, une théologienne indonésienne de 25 ans.
Je ne résiste pas non plus à mettre un lien sur le blog du père Iulian Nistea ( http://www.echo-orthodoxe.net/index.php/ ) qui rapporte le niveau des études bibliques du premier jour et de rapporter son histoire.
mercredi, 15 février, 9h15 Pour commencer la journée, le moderateur nous propose un petit jeu, et nous (quelques 7-800 personnes présentes) sommes tous bien d'accord de le jouer: le moderateur annonce / appelle un continent, tous les personnes de ce contenent se tiennent debout, il dit un mot (en anglais) et nous, les participants, devons répéter ce mot à haute voix, tous en même temps, dans notre propre langue. Nous sommes en majorité des europééns et des américains. Commencons donc:
Océanie: hello
Africa: freedom
Asia: transformation
Europe: forgiveness
Amérique latine: wellcome
Amérique du Nord: sorry
Oups! Le cri SORRY des quelques centaines d'américains présents a bien resonné dans la salle !
C'est rigolo ce jeu, de projection subliminale et manipulation mentale des groupes, n'est pas?...
Maintenant nous sommes préparés pour commencer l'étude biblique: évangile selon saint Luc, chapitre 4 - le debut du ministère publique de Jésus.'.
Mais s'il y avait une formation des journalistes à l'oecuménisme, ce genre de choc et ces incompréhensions seraient relativisés. Heureusement, mes discussions avec les journalistes de l'AFP, de la Croix, ou mes correspondances pour L'Express, France Catholique, Radio Notre Dame, Radios chrétiennes de France, ou la télévision KTO, me font constater agréablement qu'en France subsiste une ouverture de principe par rapport à l'oecuménisme. Je ne suis pas sûr que ce soit forcément le cas en Russie ou en Grèce 
Cela dit je me sens obligé du coup de justifier mon enthousiasme par rapport à cette assemblée.
Tout d'abord il convient de rappeler que lorsque se réunissent les synodes de l'Eglise catholique romaine, vastes rassemblements de l'oikouménè, personne ne parle de souk ou d'auberge espagnole ! Et ces assemblées prennent rarement leurs décisions au bout du 3e jour. On me permettra de rappeler qu'on attend toujours les décisions signées par le pape du synode sur l'eucharistie d'octobre dernier...Et s'il est vrai que la décision de s'accorder par consensus réclame plus de temps voire oblige à reculer le choix par rapport à un problème, personne ne peut reprocher au COE d'être une structure pyramidale.
Deuxièmement l'assemblée du COE est le plus grand rassemblement chrétien inter-confessionnel existant sur la planète. Ce seul fait me paraît suffisant pour justifier ce genre d'assemblée. Et quant en plus les 348 Eglises du COE représentant plus de cent pays parviennent à se mettre d'accord sur des questions aussi importantes que l'unité de l'Eglise (ce qui a été le cas hier en commission), sur une mondialisation fondée sur l'agapè, ou sur des actions communes contre le sida, contre toute forme de violence ou de discrimination, cela donne un espoir que nos sociétés occidentales semblent avoir perdu depuis si longtemps. Quel plaisir de rencontrer des gens au regard clair, ouverts sur le monde et pratiquant au quotidien la charité dans l'unité !
Troisièmement je ne suis pas d'accord avec l'idée que ces appels à la justice économique soient irréalistes. Ce matin le président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva l'a démontré de façon simple et tranquille. Il a remercié le COE d'avoir toujours soutenu le Brésil aux pires heures de la dictature militaire 'et pas seulement au niveau de la simple solidarité morale'. Il a rappelé dans un brouhaha d'applaudissements le nom du dissident brésilien Paulo Freire, accueilli en Europe par le COE. Ces gestes qui pouvaient paraître très 'peace and love' dans les années 1970 portent aujourd'hui leurs fruits. Le président brésilien, marqué par cette spiritualité oecuménique sociale, a déroulé ses résultats depuis qu'il a pris ses fonctions en 2002. Il faut lire son discours de A à Z. Un seul chiffre est éloquent.' En 2002, 12 millions de personnes n'avaient pas accès à l'electricité au Brésil. Aujourd'hui ils ne sont plus que 9,5 millions. En 2008, tous les brésiliens auront accès à l'électricité.' Je regarde du coin de l'oeil mon voisin journaliste. Il lève le pouce !
Un monde sans pauvreté est possible. Il faut simplement trouver de nouveaux mécanismes financiers comme le rappelait hier sous les applaudissements le père Vsévolode Tchaplin, chef adjoint des relations extérieures du patriarcat de Moscou, dans un bon discours. Je me souviens également de cette lettre de Konrad Raiser adressée il y a 3 ans à Kofi Annan qui avait cédé aux pressions les plus néo-libérales de la Banque mondiale, de l'Organisation mondiale du commerce, et du Fonds monétaire international. Le lendemain il recevait une réponse du secrétaire général de l'ONU lui annonçant que ces institutions étaient prêtes à le rencontrer en la personne de leurs directeurs à Genève !
Je suis d'accord avec le père Tchaplin qu'il ne faut pas revenir à une économie communiste planifiée ni à une économie de la cueillette comme le suggèrent certains représentants des îles Fidji. Si on voulait bien croire que le meilleur investissement, était non pas celui qui rapporte le plus de profits, mais celui qui rapporte la meilleure qualité de vie, nous trouverions toutes les instances pour mettre en pratique ces principes. Le monde du vrai commerce et de l'entreprise bénéficiaire, non pas le monde des mafias et des banques off shore, est un monde fondamentalement enraciné dans l'Esprit. Mais personne ne le dit plus depuis Adam Smith et le père Serge Boulgakov !
L'Eglise dispose d'une voix éthique qui est gigantesque. Mais personne ne l'utilise à cause des divisions et les médias ont tendance à l'ignorer. Hier le correspondant de l'AFP m'a confié qu'il n'avait pu passer qu'une seule dépêche depuis le début de l'assemblée, sur les cartoons of Mahomet. Il est persuadé en revanche que si on en vient à parler des questions d'homosexualité avec R. Williams, sa dépêche passera immédiatement! Il est là le vrai problème. Pas dans l'assemblée de Porto Alegre. Cette assemblée est un grand événement spirituel qui permet de se rapprocher des ondes les plus fines du souffle de l'Esprit!
Voilà ça va mieux en le disant !
Terminons avec le grand Lula : 'My friends, christian ecumenism is an example for the goal of peace on the earth!'
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Bonne nouvelle de Porto Alegre, le port de la joie!
La bonne nouvelle de la journée c'est le père Iulian Nistea, délégué orthodoxe roumain, qui me l'apprend grâce à son excellent blog. Les délégués ont accepté en commission les critères théologiques proposés par la commission mixte coe-orthodoxes. C'est le début de ce nouvel ordre oecuménique dont rêvait Aram Ier dans sa conférence d'ouverture. L'Eglise n'est pas un concept homogène, également abstraite partout et en tous lieux. Elle est une réalité personnelle qui dépend des qualités relationnelles entre ses membres réunis dans la foi en Christ ressuscité et dans la sainte Trinité. Ceci permet de concevoir l'Eglise selon des degrés de conscience, donc de reconnaissance mutuelle, et donc de corporéité. On peut donc concevoir un corps un, avec en son coeur un espace où amour et connaissance ne sont pas séparés, et sur ses extrémités un témoignage qui soit d'accord sur l'essentiel. C'est ainsi que le père Serge Boulgakov concevait l'ecclésiologie sapientielle.
Je ne résiste pas à donner la traduction officielle de ces amendements.
Les Églises candidates doivent en outre rendre compte de la manière dont leur foi et leur témoignage satisfont aux normes et pratiques ci-dessous:
a) Critères théologiques
Dans sa vie et son témoignage, l'Église professe la foi dans le Dieu trinitaire selon les Ecritures, et telle que cette foi est reflétée dans le Symbole de Nicée-Constantinople.Il existe dans cette Église un ministère de proclamation de l'Evangile et de célébration des sacrements selon la conception de sa doctrine.
Il existe dans cette Église un ministère de proclamation de l'Évangile et de célébration des sacrements selon la conception de sa doctrine.
L'Église baptise au nom du seul Dieu, “Père, Fils et Saint Esprit”, et reconnaît la nécessité d'aller vers la reconnaissance du baptême d'autres Églises.
L'Église reconnaît la présence et l'activité du Christ et du Saint Esprit en dehors de ses frontières propres et prie pour que toutes reçoivent de Dieu la sagesse de prendre conscience du fait que d'autres Églises membres croient aussi en la Sainte Trinité et la grâce salvifique de Dieu.
L'Église reconnaît dans les autres Églises membres du COE des éléments de la véritable Église, même si elle ne les considère pas comme «des Églises dans le vrai et plein sens du terme» (Déclaration de Toronto).
15:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Homélie en anglais de Mgr Anastassios (pour Tania!)
Address by Archishop Dr Anastasios of Tirana and All Albania
Professor emeritus of the National University of Athens
I
The Triune God’s transformative interventions
1. The formulation of our Assembly theme assumes the form of a prayerful petition, if you like, it is a mystical cry, which reveals a sense of profound weakness and intense expectation. It is a contemporary variation of the prayer placed on our lips by Christ Himself: "… your kingdom come, your will be done, on earth as in heaven." It is based on the recognition that, for the transformation of the world, our human thoughts, ideas and abilities are insufficient. Yet, at the same time, it is founded on the conviction that the God, in whom we hope, is not indifferent to human history. God is immediately interested and is able, through His grace, wisdom and power, to intervene and transform the entire universe. God takes the initiative, taking action and assuming the decisive role in universal events.
The faith and experience of the Church with regard to the mystery of God are summed up in the phrase: "The Father through the Son in the Holy Spirit" creates, provides, and saves. God is incomprehensible and inaccessible in His essence. Nevertheless, His presence is perceived in the world through His grace and the manifestation of His glory. Such is the dynamic, creative and transforming energy of the Trinity that is beyond all essence. Grace is the unique gift, which contains all other gifts. It is revealed in all the divine energies. Eastern Christian thought clearly distinguishes between the created universe and the uncreated energies of God. The superessential God is not identified with any created understanding or idea, like the philosophical concept of essence. That which in the final analysis humankind is able to assume is the grace of God.
2. The most surprising transformative intervention occurred in human history when the Word of God was incarnated and assumed human nature – not only human spirit but also matter and, thereby, all of creation, since humanity is its crown. "And the Word became flesh and lived among us, and we have seen His glory, the glory as of a father’s only son, full of grace and truth" (John 1:14). All the stages of Christ’s life comprise expressions of divine grace as well as of divine glory. During His Transfiguration on Mt. Tabor, Jesus revealed the original beauty of humanity created "in the image" of God as well as the concluding splendid glory of humanity "in the likeness" of God.
The sacrifice on the Cross and the resurrection of Christ complete the salvation of the human race by divine grace. "But God, who is rich in mercy … raised us up with Him and seated us with Him in the heavenly places in Christ Jesus, so that in the ages to come He might show the immeasurable riches of His grace in kindness toward us in Christ Jesus" (Eph. 2:4,6-7). Amazed before this astonishing gift, St. Paul professes: "For by grace you have been saved through faith, and this is not your own doing; it is the gift of God – not the result of works, so that no one may boast" (vv. 8-9). Since that time, what took place ontologically within human nature in the person of Jesus Christ continues with the ongoing presence and energy of the Holy Spirit.
The closing pages of the New Testament illumine the eschatological vision of the Church, describing a universal transformation, "a new heaven and a new earth" (Rev. 21:1). The One seated on a throne proclaims: "Behold, I make all things new." (Rev. 21:5)
As to what form the transformation of the world will ultimately assume in the future remains a secret of the God of surprises. After all, this is what happened in the past. If human creativity – this divine gift, which we have received – has reserved so many surprises for us, the grace of God holds incomparably more and entirely superb surprises.
The word "grace" was employed by the Seventy in the Greek translation of the Old Testament for the rendering of diverse Hebrew terms. In Greek, the original language of the New Testament, grace "denotes firstly the radiant attraction of beauty, secondly the inner radiance of goodness, and finally the gifts which bear witness to this generosity.1
As the energy of the Trinitarian God (Acts 13:43, 14:26; Rom. 5:15; 1 Cor. 1:4, 3:10, 15:10; 2 Cor. 6:1, 8:1, 9:14; Eph. 3:2, 7:7; etc), grace is referred to in the New Testament sometimes as "the grace of God", other times as "the grace of our Lord Jesus Christ," and at other times as "the grace of the Holy Spirit." In the conscience of the united Church, grace is the energy of the entire Holy Trinity. As St. Athanasius the Great emphasizes: "Grace is singular, deriving from the Father, proceeding through the Son and fulfilled in the Holy Spirit."2 . And elsewhere, he writes: "They have this grace with the participation of the Word, through the Spirit and from the Father."3
II
We are coworkers in the transforming energy of divine grace.
In our petition "God, in your grace, transform the world," the immediate response that we receive is: But I want you to be with me! Your place is not to be spectators of divine interventions and actions, but coworkers. This is a direct consequence of my Incarnation, of the constitution of the Church, of my "mystical Body," where you have freely accepted to become members. All of us, then, who belong to Him have both the privilege and the obligation to share actively in the transformation of the world.
1. Beginning with ourselves. The life in Christ, to which we have been called, is a continuously transformative journey. St. Paul advises: "Do not be conformed to this world, but be transformed by the renewing of your minds, so that you may discern what is the will of God – what is good and acceptable and perfect." (Rom. 12:2) "Renewing the mind" is precisely what repentance is about. And it may come through contemplative silence, which leads to the awareness of our nothingness and worthlessness. It is the result of self-criticism regarding the degree of our estrangement from the ideal determined by His will.
What is demanded is a continual gaze upon and search for God. It is not a matter of change once-for-all but of an ongoing transformation by the grace of the Spirit. "Now the Lord is the Spirit, … and all of us … seeing the glory of the Lord as though reflected in a mirror, are being transformed into the same image from one degree of glory to another, for this comes from the Lord, the Spirit." (2 Cor. 2:17-18) We are speaking of a transformative process, from purification to purification, from repentance to repentance, from virtue to virtue, from knowledge to knowledge, from glory to glory. This is a dynamic movement of unceasing renewal in the grace of the Holy Spirit. As St. Gregory of Nyssa explains: A Christian "is ever changing for the better and transforming from glory to glory through daily growth, by always improving and always becoming deified and yet without ever reaching the end of perfection. For true perfection means that one never ceases to grow toward that which is better and never reduces perfection to any limit.4
The grace of God shapes the apostolic "being" – as St. Paul explains: "By the grace of God I am what I am" (1 Cor. 15:10). And this grace in turn becomes an inexhaustible source of action (Acts 14:26, 15:40). The disciples do not remain satisfied with their personal enjoyment of grace: "And His grace toward me has not been in vain." Grace becomes service, a creative struggle for healing, reconciliation, the spreading of the Gospel for the transformation of all. Yet, St. Paul again corrects himself: "Though it was not I, but the grace of God that is with me." (1 Cor. 15:11)
2. The struggle for inner transformation, in accordance with the example of Christ, takes place in the Church. The faithful Christian struggles and is sanctified as a member of the Body of Christ. Consequently, personal renewal and transformation is reflected within the entire community of the Church. "Jesus Christ, who is the same, yesterday, today, and forever (Heb. 13:8), is the head of the Church, which is His Body, sustained by the Holy Spirit, and in this sense the Church cannot sin. Therefore, we do not ask for the ‘transformation of the Church.’ However, if we are referring to ’the churches’, specifically in the sense of communities of believers in history, we know full well that believers sometimes fail to actualize the true being of the Church. It is we sinners, personally and in community, who require transformation".5
The transformative journey of our church communities cannot occur on the basis of criteria occasionally proposed by fashion and vogue, but through the guidance of "the Gospel of grace." We have in practice often ascertained the substitution of many of God’s commandments by the mentality of the world, by a demonic reversal of the evangelical principles. Instead of the primacy of service, we have craved the primacy of authority; instead of the power of love, the love of the power of this world; instead of respect for others, we have demanded their submission to our opinions and desires. The Church is obliged to remain at every time and in every place what its essence is: namely, the Body of Christ, "the fullness of Him who fills all in all" (Eph. 1:23), word, light, the witness of whom embraces all things with His love, transforming them. All other social and cultural actions are incidental; they are the historical expression and incarnation of love in specific circumstances and conditions.
3. Obviously, however, we cannot become a closed community "of saved ones," isolated from events on the planet. Our responsibility extends to the universe, to the journey of the entire world.
a) Since our Assembly is taking place in Latin America, the issue of poverty assumes absolute priority for all of us who worship and follow Him, who was born and died stressing the dignity of the poor and their inalienable value before God, who came "to bring good news to the poor" (Luke 4:18) In the face of all the poor – the hungry, estranged, and refugees – we are obliged to discern the face of Jesus. Woe to us if, in the 21st century, we again relinquish the initiative for social justice to others, as we have done in past centuries, while we confine ourselves to our opulent rituals, to our usual alliance with the powerful. Woe to us if we permit other forces, with different religious ideas and ambitions, to assume leadership in the struggle to overcome poverty in our world.
In our age, a globally interdependent society is taking shape, and our most fundamental problem is how we might become conscious as Christians of our obligation toward those who are deprived of the most basic goods, as well as our practical solidarity with these people within our cities and our nations, from country to country and from church to church. We can no longer claim ignorance or indifference before the millions of children that live in miserable conditions, before the one billion fellow human beings that are undernourished while another three billion survive on less than two dollars a day.
Before the challenge of economic globalization, which is solely concerned with broadening the market, while leveling cultural and popular diversities, we are called as Christians to respond with enlightened initiatives for a society of understanding, healing, reconciliation and fraternization, based on respect for each human person and each people, promoting mutual understanding and solidarity throughout the planet. We are called to promote daring initiatives and just social struggles, commencing with our own immediate environment, the family, our parish and city, our diocese and region. We are called, moreover, to practice our immediate responsibility within our specific circumstances, keeping the entire world in mind as our broader horizon.
b) On our planet, peace continues to be injured on a daily basis. The peace proclaimed by the New Testament is multidimensional: it is personal and social, yet at the same time it is sanctifying, holistic, and eschatological. With God’s grace, we are obliged to struggle so that the visible and invisible conflicts may be transformed and peace may prevail in our immediate and wider environment. St. Basil the Great states: "Nothing is more characteristic of a Christian than peacemaking; for that, the Lord promised us the greatest reward"6.; that is to be called "sons of God".
Of course, peace cannot develop of itself. It is related to other significant values in life. Above all, it is related to justice. An unjust, unlawful world cannot expect peace. Genuine longing for peace on a global, local, or personal level, is expressed through struggle for justice. Nevertheless, today, peace and justice have yet another name: development. And all of us, who yearn and pray for the transformation of our world, have a duty to contribute to the development of poorer nations.
c) However, even in nations that appear secure and peaceful, every now and again one observes outbreaks of violence. As a rule, those who are more powerful are also more liable to violence. This is because they have the possibility to impose their self-interested plans in a variety of means, with authoritarian methods, through the violation of information, by electronic and human brainwashing, by use of threat and blackmailing of conscience. Yet violence is not only found where powers are great, nor only where the mass media turn our attention. It is also detected in smaller nations, cities, villages, communities – even religious ones – and indeed wherever people live. Aggression is concealed within every human heart. In beseeching, then, for the transformation of our world, let us make a firm decision to struggle, with the power of the Holy Spirit, to overcome violence wherever we possibly can: in our family and society, as well as in the political and international community.
d) Finally, the ecological destruction provoked by the irrational exploitation of the earth’s natural resources is creating serious concerns for the future of our planet. Therefore, Ecumenical Patriarch Bartholomew points out "whenever we narrow religious life to our own concerns, we overlook the prophetic calling of the Church to implore God and to invoke the Divine Spirit for the renewal of the whole polluted cosmos. Indeed, the entire cosmos is the space within which transformation is enacted."7 All our efforts in this domain will be productive when they take place in the Holy Spirit, "from whom grace and life come to all creation"8 as we sing in the Orthodox Church. For "through the Holy Spirit spring the sources of grace, watering and reviving the entire creation."9 St. Gregory Palamas defines the duty and ethos of every faithful with regard to nature, when he states that the heart of a person illumined by the eternal uncreated light "embraces the whole of creation".
III
Inspired by the "Gospel of grace"
1. The manner in which Christ came into the world never ceases to amaze. The Savior’s entire life and preaching revealed the mystical power of humility. Our Lord "emptied Himself, taking the form of a slave, being born in human likeness. And being found in human form, He humbled Himself and became obedient to the point of death – even death on a cross." (Phil. 2:7-8)
Naturally, the ways of modern society are completely contrary to the spirit of humility. What attracts the attention of most is normally what most impresses, whatever is related to glamour, money, and illusion. Even within church circles, in spite of much talk about humility and similar things, people’s ways of thinking and patterns of behavior often betray pride and arrogance. Yet humility in Christ reveals the secret of the spiritual radiance and the transforming power of the Church. The authentic witness of the Church is borne through the centuries by the sincere humility of those dedicated to God. "For great is the might of the Lord; but by the humble He is glorified." (Sirach 3:20) In fact, Holy Scripture insists: "The Lord opposes the proud, but to the humble He shows favor." (Prov. 3:34; James 4:6; 1 Peter 5:5) When, therefore, we pray: "God, in your grace, transform the world," let us not overlook for a moment that the magnet for God’s grace is humility. As a way of life, humility nourishes our thought and creativity.
2. What is able, above and beyond all else, to transform everything in the world is the sacrificial offering of love. With the entrance of the divine Word into the historical march of humanity, God’s love was revealed in the most shattering manner: it was incarnated. This truth remains the root of Christian revelation, which nurtures every other Christian value and proposal. "For God is love. God’s love was revealed among us in this way: God sent His only Son into the world so that we might live through Him." (1 John 4:8-9)
The fundamental mission, then, of the Church is to reveal and make manifest God’s love in the here and now, in each moment and every place where it is and acts. In this way, it contributes essentially to the transformation of the world. Otherwise, it resembles "a noisy gong or a clanging cymbal," even if it possesses the gifts of prophesy, knowledge, and faith; even if it understands all the mysteries; even if it is known for great and impressive actions (cf. 1 Cor. 13:1-3).
Each cell of the visible Body of Christ, every Christian, is called to incarnate with his or her entire being and work God’s love in the particular circumstances of their life. By denying ourselves and assuming the cross (cf. Matt. 16:24) in our daily life, by supporting those around us in their sorrow, their loneliness, and their need. Whoever is "in God" endeavors to love like God. God’s love takes daring initiatives, knows no boundaries, and embraces all things. The conviction that "God is love" comforts us and liberates us from multifaceted fear, from fear of the other, from fear of the different, or from fear of human developments that often appear threatening. Furthermore, God’s love comforts us and liberates us from fear of our failure and from fear of the abyss within our soul. "There is no fear in love, but perfect love casts out fear." (1 John 4:18)
Many of those who deny or resist the name "God" indirectly accept His other name: Love. The fact that love constitutes the supreme value of life, the mystical force of the world, is becoming increasingly acceptable even by people of other religious persuasions through diverse experiences and ways of thinking. Love becomes the mystical passage which leads people – perhaps without their even knowing it – closer to the God of love. Ultimately, it comprises the secret to the transformation of the world.
3. Finally, both our prayer and our participation in the transformative evolution of the world must take place within an atmosphere of joy and doxology. Joy is the distinctive fruit of the Holy Spirit (Gal. 5:12). It is the characteristic of those who belong to the kingdom of God (Rom. 14:17; 1 Thess. 1:6). The radiance of essential love calmly triumphs over sin, pain, and contempt. It was, from the outset, the definitive feature of the Christians. With the joy of selfless love, the joy of the perpetual presence of the Risen Christ in the Holy Spirit, the Church proceeds triumphantly amid the world. And it loses the world when it loses this joy. Christ offered us a "joy in fullness," (John 16:24) which no one can remove from us. The experience of this joy determines our daily life. St. Paul incites us: "Rejoice in the Lord always; again I will say, Rejoice." (Phil. 4:4) And St. Peter also insists: "Believe in Him and rejoice with an indescribable and glorious joy." (1 Peter 1:8)
Our theological reflection and our prayer concerning the transformation of the world are developed more fully within the context of doxology. With the institution of the Eucharistic gathering, the Church chose from the very first moment a doxological stance to implore God’s grace and proclaim "the Gospel of grace" (Acts 20:24), Christ’s "Gospel of glory" (2 Cor. 4:4). Through doxology, in a harmonious synthesis with the beauty of liturgical worship, the Church powerfully expresses the acquisition of the divine grace and the appropriation of the divine glory.
This doxology of the Church is a foretaste and prelude of the eschatological hour, when the universe will be transformed within the absolute manifestation of God’s glory. Each creative effort and participation in this – every ministry in the Church, every expression of love – constitutes a ray of God’s loving grace and glory. It signifies a sharing in the renewal of the whole of creation.
* * *
By way of conclusion, I would like to remind you that term "grace" in Greek denotes, among other things, the brilliance of beauty and goodness. I often recall the expression of a contemporary computer scientist, who said that just as the laws of physics support the theory that gravity, weight and mass were not distinguished in the first moments of the universe, in a similar way, I think, God did not create the world with truth, beauty and goodness separated from one another.
And I, too, believe that, in the future, this "classical triad of the beautiful, the true and the good, which has itself played a significant role in the history of Christian thought"10 will contribute to the transformation of the world.
With our gaze firmly set on Christ, our Lord, who is the absolute truth, the boundless beauty and the incarnate love of God in the world, let us contribute, to the best of our ability, with the grace of the Holy Spirit, to the transformation of the world.
Eternal and infinite God! As we behold in ecstasy the boundlessness of the macrocosm that surrounds us and the boundlessness of the microcosm that we inhabit, we kneel humbly before You in prayer. Through Your grace, incarnate in the person of Your Son and unceasingly active through Your Spirit, transform our existence; transform our world into a world illumined by Your truth, by Your beauty, and by Your love.
Notes:
Vocabulaire de Théologie Biblique, publié sous la direction de Léon Dufour et alia, 3ème ed. Cerf, Paris 1974,1.
Epist. ad Serapion, 1:14, PG 26.565B.
Orationes tres adversus Arianos, PG 25.29A.
To Olympios, About perfections, Greek Fathers of the Church, Gregory Nyssa, vol. 8, Thessaloniki 1980, 422.
Metropolitan Gennadios of Sassima (Ed.), Orthodox Reflections on the Way to Porto Alegre (Final Report), WCC, Geneva 2005, 4.
Epist. 113, PG 32.528
"Transformation calls for metanoia", Address on the theme of the WCC 9th Assembly.
Paraklitiki, Sunday Matins (Orthros), Third Tone.
IbidJ. Pelikan: Jesus through the centuries, Yale University Press 1985, 7., Fourth Tome.
©2006 World Council of Churches
12:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
'Khudaya raeham kar...'
Ce matin prière oecuménique sous la tente géante qui réunit deux fois par jour les 4000 représentants de toutes les confessions chrétiennes d'une centaine de pays du monde. Une musique péruvienne accompagne cette prière australienne prononcée par le speaker : 'Dieu des chameaux qui cheminent et des lieux lointains, des gorges rouges au loin et des visages des aborigènes, Dieu des silences profonds et de la beauté inquiétante du soleil couchant, des plaines éclairées par la lune et des dinguos en fuite, (...) Dieu des horizons immenses et du sable qui vole dans le vent, Viens au devant de nous et enseigne-nous dans ce pays mystérieux'. La foule entame alors une prière traditionnelle Urdhu : 'Khudaya raeham kar, Khudaya raeham', ce qui veut dire 'Seigneur aie pitié de nous'. A la fin de la prière, tandis que résonnent les tambours brésiliens, une fille vient me tendre un tournesol en souriant.
Cette world spiritualité me bouleverse. Pas de trace de new age ici, mais un sentiment de pureté, de cime des montagnes. En revanche Lydia me fait tordre de rire lorsqu'elle me raconte la Bible study de la veille. Une femme en combinaison couleur grenouille, lisant des versets de la Bible et demandant aux participants de glousser 'ahumm' en se dandinant !!! Il y a de tout dans le mouvement oecuménique ! J'ai voulu aller voir...
Mais ce matin rien de tel. Au contraire le commentaire photographique du texte d'Esaïe 65, 17-25 tiré du Textos biblicos offert aux participants était poignant. On voyait des enfants des favellas cherchant à se nourrir dans une décharge tandis que le voix du prophète clamait comme s'il était là en personne : 'voici je vais créér des cieux nouveaux et une terre nouvelle (...) Ils bâtiront des maisons et ils les habiteront; ils planteront des vignes et ils en mangeront les fruits.'
Commence la discussion en petit groupe. Au moment des présentations mon voisin de droite m'explique qu'il est californien, citoyen des Etats désunis. Avant que je ne lui demande de répéter Lydia me chuchote que c'est la caractéristique de beaucoup d'américains présents à cette assemblée, ' ils s'excusent à chaque pas, tant ils ont honte d'être partie prenante de cette mondialisation libérale si injuste et si guerrière.' La discussion s'engage. Un brésilien méthodiste me dit : 'En portugais le péché se dit pekado, et le péché ne peut être pris à la gorge, le pekado est structurel, mais il faut combattre.'. Mon voisin de gauche, un grec orthodoxe, ajoute : ' Les riches sont malheureux, c'est cela qu'il faut comprendre. Il faut leur montrer que vivre sans avoir peur est le vrai bonheur, mais ceci n'est possible que si l'on distingue la notion de vie de celle de la qualité de la vie'. La chrétienne baptiste britannique qui nous fait face opine. Nous sommes sur le même longueur d'onde.
En sortant je traverse le Mutirao. On m'invite à une pièce de théâtre Fair play fair life, qui dénonce le marché du foot et prône un commerce équitable. L'Armée du salut m'invite à son stand. Juste devant l'escalier des femmes palestiniennes dansent joyeusement. Des luthériens brésiliens associés avec des catholiques et des anglicans me tendent un tract : 'Si tu as besoin de quelqu'un pour t'écouter, nous sommes là'. Merci, merci...
J'ai manqué la conférence de presse avec le cardinal Walter Kasper. Heureusement lors du déjeuner le père Thadée de la revue Irénikon publiée par le monastère belge de Chevetogne et M. Mallièvre, de la revue Unité des Chrétiens (entre autres responsabilités), me font un compte rendu. Le cardinal a communiqué le voeu du pape de fêter Pâques le même jour, le 'premier dimanche d'avril'. J'en reparle le soir lors du cocktail organisé par le coe avec Nicolas Senèze le correspondant de La Croix et Jean-Michel Cadiot, le très sympathique représentant de l'AFP (qui est aussi le petit-fils de F. Gay, fondateur dans les années 1930-40 de Sept, de La Nef, et de La Vie Catholique sur lequel il vient d'écrire un livre qui promet d'être passionant).
Certains pensent que cette célébration commune ne se fera pas avant longtemps dans la mesure où il faut un concile pan-orthodoxe pour adopter une telle décision. Or le dernier date de 787! Pour d'autres le COE est précisément un lieu qui pourrait avancer sur cette question comme cela fut le cas en 1997 à Alep lors de la conférence spéciale organisée sur la question. Après tout la décision du concile de Nicée en 325 de fêter Pâques le premier dimanche suivant la première pleine lune après l'équinoxe de printemps n'avait comme objectif principal que de rappeler la nécessité de fêter tous ensemble cette victoire de la vie sur la mort au moment où la terre entière est illuminée par le soleil. Mon intuition personnelle est qu'on ne pourra régler cette question qu'avec le monde juif, qui lui nous rappellera le lien non seulement cosmique mais aussi historique entre la résurrection et la travaersée de la Mer Rouge.
Je croise pendant la présentation de la plénière sur la justice économique le père Heikki Huttunen, un prêtre orthodoxe finlandais, toujours aussi ouvert et souriant. Plaisir de reprendre une discussion au même endroit où elle s'était arrêtée en 1997 à Moscou chez le père Georges Kotchetkov. C'est l'avantage de ces réunions oecuméniques. Quelque chose comme la victoire de l'amitié sur tous les reproches qu'on peut se faire de n'avoir pas maintenu le contact.
01:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.02.2006
POA, 17 février

Discussion ce matin dans le bus qui nous conduit à l'université catholique de Porto Alegre (siège du forum social depuis 2001) avec le père Mikhail Goundiaev, responsable du pat de Moscou au COE à Genève, et neveu du métropolite Cyrille. Sur l'affaire de la cathédrale de Nice, il justifie ainsi la position moscovite : 'Mgr Serge, le précédent évêque de l'Eglise russe dépandant de Constantinople en France, était favorable à un retour à Moscou...c'est une erreur d'avoir élu Mgr Gabriel'.
Quel dommage que l'Eglise russe ne comprenne pas que l'Eglise orthodoxe de tradition russe en France n'est plus sous la dépendance de Moscou depuis 1931, depuis que les émigrés russes ont refusé d'accepter le diktat de Staline de soutenir en tout le régime soviétique; Lydia Obolenski-D'Aloisio, une amie professeur de russe à Lille et représentant Syndesmos, la fédération mondiale de la jeunesse orthodoxe, à Porto Alegre avec son mari Christophe d'Aloisio, connaît bien la question par son père qui est un paroissien actif de la cathédrale. Elle m'explique que l'affaire de la cathédrale de Nice n'est pas seulement le révélateur de la crise entre les patriarcats de Moscou et de Constantinople.
Elle est une affaire qui concerne l'Etat français au plus haut niveau. Mais l'Etat russe contemporain, présidé par Vladimir Poutine est-il le successeur de la famille impériale Romanov et à ce titre peut-il prétendre à la récupération de la cathédrale à l'issue du bail emphythéotique en 2008 ? Répondre oui pour l'Etat français serait mettre une croix sur l'histoire de l'émigration russe, sur ses combats contre l'URSS et sur ses souffrances. L'Etat français peut voir un intérêt à céder aux requêtes de l'Etat russe, mais il perdra à coup sûr tout contact avec les centaines de milliers de français d'origine russe ayant pu s'intégrer dans la société grâce à la reconnaissance de la justesse de leur identité. L'affaire est donc grave.
Heureusement la joie qui règne dans cette assemblée me permet de relativiser cette histoire. Le thème de cette journée est celui de la justice économique et de l'appel AGAPE. Vera Araujo a parlé au nom de Chiara Lubich, la fondatrice du mouvement Focolari, pour expliquer comment une autre mondialisation est réellement possible. Pendant qu'elle parlait des brésiliens nous distribuait des bracelets blancs avec l'inscription : 'Un Mundo Sin Pobreza Es Posible', ' Un monde sans pauvreté est possible'.
Vera Araujo expliquait qu'en 1991 après la visite des favellas de Sao Paulo, C. Lubich a eu l'idée suivante : on peut donner de la vie au commerce. Comment ? Par une Economie de communion. Le principe est simple. Diviser grâce à des administrateurs compétents en trois parts les profits de l'entreprise. Le premier tiers pour les pauvres, le second pour la formation d'hommes nouveaux, tournés vers la culture du don gratuit, et enfin le troisième pour le développement du business. La philosophie générale était d'introduire le principe du don, de la gratuité, dans l'économie. Ce n'est pas une nouvelle forme de philanthropie charitable, c'est la conviction que la solidarité avec les pauvres est le véritable investissement productif car éthique. Aujourd'hui il y a plus de 750 entreprises qui se sont constitués dans le monde sur la base de ces principes et des parcs industriels en Europe et en Amérique Latine. 'Dans ce type de business, écrit C. Lubich, le principe est de laisser une place à l'intervention de Dieu, même dans le management économique le plus concret. Et Dieu tient toujours ses promesses mais de la façon souvent la plus inattendue, une nouvelle fenêtre d'opportunité, un support dérivé de nouvelles collaborations, une idée pour un nouveau produit, etc...'

A Porto Alegre je comprends qu'il faut lire cette prière AGAPE (cf ci-dessous), non pas comme une répétition du mouvement beatnik des années 60, ni comme un voeu pieux de chrétiens ayant mauvaise conscience, mais comme le signe d'un profond renouveau de la pensée économique post-libérale.
Une autre mondialisation au service des êtres humains et de la terre
Appel AGAPE – Appel à l’amour et à l’action
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version pdf de l'annexe
Ce document est le résultat du travail effectué sur la mondialisation économique de Harare à Porto Alegre. Il a été préparé par la Commission « justice, paix et création » sous la conduite du Comité central. Le Comité exécutif a pris acte de sa version finale en septembre 2005, et approuvé l’utilisation du document dans le cadre de la plénière sur la justice économique.
Introduction
Nous, représentants des Églises réunis à la 9e Assemblée du Conseil œcuménique des Églises (COE), soulignons qu’un monde sans pauvreté est non seulement possible, mais qu’il est en accord avec la grâce de Dieu pour le monde. Cette conviction se fonde sur la riche tradition de réflexion et d’action sociales œcuméniques, centrée sur l’option de Dieu pour les pauvres en tant qu’impératif de notre foi. Elle reprend les résultats d’un processus mondial d’étude de sept ans portant sur les réactions des Églises à la mondialisation économique, avec des contributions de toutes les régions du monde et la participation de plusieurs communions chrétiennes mondiales ; cette participation s’est manifestée notamment lors de l’Assemblée de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) en 2003 et de l’Assemblée générale de l’Alliance réformée mondiale (ARM) en 2004 (voir annexe).
Dans le cadre de ce processus d’étude, nous avons examiné le projet de mondialisation économique inspiré par l’idéologie de forces du marché libres de toute entrave, qui sert les intérêts politiques et économiques dominants. Les institutions financières internationales et l’Organisation mondiale du commerce, parmi d’autres institutions analogues, se font les promotrices de la mondialisation économique. Les participants au processus AGAPE ont exprimé leur inquiétude face à l’inégalité croissante, à la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains de quelques-uns et à la destruction de la planète – tout cela aggravant le scandale de la pauvreté dans le Sud, qui se répand aussi maintenant dans le Nord. Ces dernières années, le rôle croissant du pouvoir politique et militaire s’est encore affirmé. Partout dans le monde, les gens ressentent les effets des formes impérialistes du pouvoir sur leurs communautés.
Réunis à Porto Alegre, Brésil, lieu d’accueil du Forum social mondial (FSM), nous sommes encouragés par le message constructif et positif des mouvements rattachés au FSM, qui nous disent que d’autres solutions sont possibles. Nous affirmons que nous pouvons et devons faire changer les choses en devenant des communautés transformatrices, soucieuses des être humains et de la terre.
Nous reconnaissons que les divisions du monde sont aussi présentes parmi nous. Pourtant, nous osons croire et confesser que nous sommes appelés à être un en Christ et à être transformés par la grâce de Dieu, pour le bien de toute vie sur terre. Mis au défi d’observer et de transformer la mondialisation économique, nous nous appelons nous-mêmes à agir en tant qu’Églises travaillant aux côtés des membres des communautés de foi et mouvements religieux.
Appel AGAPE – à l’amour et à l’action
Dieu Créateur, qui dotes ta création de l’intégrité et les êtres humains de la dignité,
Dieu Rédempteur et Libérateur, qui nous libères de l’esclavage et de la mort,
Dieu Saint Esprit, qui nous transformes et nous dynamises,
Père, Fils et Saint Esprit, nous voulons rendre témoignage de ton amour, de ta vie et de ta grâce transformatrice.
Tous : Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce.
Nous avons été apathiques face à la souffrance et à l’injustice. Parmi nous, il y a des gens qui souffrent des conséquences de la mondialisation économique : les femmes, victimes d’abus et pourtant servant la vie ; les enfants, à qui on dénie leurs droits ; les jeunes, qui vivent dans l’insécurité économique et le chômage ; tous ceux qui sont exploités dans leur travail ; tous ceux qui sont pris dans des relations commerciales injustes et victimes de l’esclavage de la dette. Parmi nous, il y a des personnes handicapées et d’autres qui vivent en marge de la société, des personnes de couleur, souvent les premières et les plus douloureusement frappées par la pauvreté, des personnes repoussées, aliénées de leurs terres, sur notre planète ravagée, dépouillée, exploitée. Privées de moyens de subsistance, ces personnes sont souvent les plus vulnérables à des maladies telles que le VIH/sida. Nous confessons que beaucoup d’entre nous n’ont pas su réagir dans la solidarité.
Tous : Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce.
Nous sommes tentés de céder au confort et à ses vaines promesses, alors que nous devrions choisir l’obéissance coûteuse du disciple et le changement. Nous sommes poussés à accepter l’oppression et la souffrance comme établies, alors que nous devrions conserver notre espérance et plaider pour la justice et la libération.
Nous confessons que beaucoup d’entre nous n’ont pas su prendre position sur la base de leur foi et agir contre l’injustice économique et ses conséquences destructrices pour les êtres humains et pour la terre. Nous sommes tentés de céder au matérialisme et au règne de l’argent. Nous jouons selon les règles de la cupidité et nous nous arrangeons avec le pouvoir politique et militaire, alors que nous devrions nous tenir aux côtés des pauvres et des exclus.
Tous : Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce.
O Dieu, nous te demandons pardon.
Tous : Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce.
O Dieu, fais que nos structures économiques s’inspirent des règles de ta maison de vie, où règnent l’amour, la justice et la grâce.
Ne nous laissons pas effrayer par le changement, ou par la quête de solutions de rechange.
Travaillons en faveur de la justice en résistant aux structures économiques destructrices,
proclamant dans l’espérance l’année du Jubilé du Seigneur, l’annulation des dettes, la libération des captifs et le repos pour la terre.
Travaillons à une économie fondée sur l’amour et la solidarité.
Tous : Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce.
Dieu, tu nous envoies
nous soucier de la terre et partager tout ce qui est nécessaire à la vie en communauté,
combattre et dénoncer tout ce qui dénie la vie,
aimer nos voisins et faire ce qui est juste,
de sorte que là où il y avait la mort, il y ait la vie.
Nous nous appelons mutuellement
à répondre à ton amour pour tous les êtres humains et pour la terre
dans nos propres actions et dans le témoignage et le service de nos Églises,
à travailler à l’élimination de la pauvreté et à l’annulation inconditionnelle des dettes,
à nous soucier de la terre, de l’eau, de l’air – de tout le tissu de la vie,
à édifier des relations justes et durables avec la terre.
Dans le monde du travail, du commerce et de la finance, nous nous appelons mutuellement à examiner le pouvoir sous ses différentes formes et manifestations et à le rappeler à l’ordre, en nous souvenant que tout pouvoir est responsable devant toi, ô Dieu. Dieu, dans ta grâce, aide-nous à être des agents de ta transformation et à entendre ton appel à agir avec courage.
Tous : Dieu Créateur, puisse le pouvoir de ta grâce nous transformer,
Christ, donne-nous le courage et l’espérance de partager notre vie les uns avec les autres et avec le monde,
Saint Esprit, rends-nous capables de travailler en vue de la justice pour les personnes et pour la terre.
Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce. Amen.
Dans l’esprit de cette prière unificatrice, nous nous mettons mutuellement au défi d’avoir le courage d’agir. L’appel AGAPE nous invite à agir ensemble afin de transformer l’injustice économique : nous devons poursuivre l’analyse des défis de la mondialisation économique et du lien entre la richesse et la pauvreté, en approfondissant notre réflexion.
1. Eliminer la pauvreté
Nous nous engageons à nouveau à travailler à l’élimination de la pauvreté et de l’inégalité en développant des économies de solidarité et des communautés durables. Nous exigerons de nos gouvernements et des institutions internationales qu’ils rendent compte de la mise en œuvre des engagements qu’ils ont pris d’éliminer la pauvreté et de promouvoir la durabilité.
2. Commerce
Nous nous engageons à nouveau à travailler en vue de la justice dans les relations commerciales internationales, par des analyses critiques sur le libre échange et les négociations commerciales, et à collaborer étroitement avec les mouvements sociaux pour faire en sorte que ces accords soient justes, équitables et démocratiques.
3. Finance
Nous nous engageons à nouveau à faire campagne pour des prêts responsables, pour l’annulation inconditionnelle de la dette et pour le contrôle et la réglementation des marchés financiers mondiaux. Les investissements devraient être réorientés en direction d’affaires qui respectent la justice sociale et écologique, ou dans des banques ou institutions qui ne s’engagent pas dans la spéculation et n’encouragent pas l’évasion fiscale.
4. Utilisation durable de la terre et des ressources naturelles
Nous nous engageons à nouveau à participer à des démarches en faveur de systèmes durables et justes d’extraction et d’utilisation des ressources naturelles, en solidarité avec les peuples autochtones qui cherchent à protéger leurs terres, leur eau et leurs communautés.
Nous nous engageons à nouveau à mettre en question la consommation excessive des sociétés prospères, afin qu’elles évoluent vers des styles de vie fondés sur la retenue et la simplicité.
5. Biens et services publics
Nous nous engageons à nouveau à nous joindre à la lutte mondiale contre la privatisation forcée des biens et services publics, et à défendre activement les droits des pays et des peuples à définir et à gérer leur patrimoine commun.
Nous nous engageons à nouveau à soutenir les mouvements, groupes et initiatives internationales qui défendent des éléments essentiels de la vie tels que la biodiversité, l’eau et l’atmosphère.
6. L’agriculture source de vie
Nous nous engageons à nouveau à travailler en faveur de réformes foncières réalisées en solidarité avec les travailleurs agricoles sans terre et les petits fermiers, et à plaider de diverses manières pour l’autodétermination en matière d’approvisionnement alimentaire. Nous nous opposons à la production d’organismes génétiquement modifiés (OGM) ainsi qu’à la libéralisation du commerce en tant que solution unique. Nous nous engageons à promouvoir les pratiques agricoles écologiques et à manifester notre solidarité avec les communautés paysannes.
7. Des emplois décents, un travail émancipé et des moyens de subsistance convenables
Nous nous engageons à établir des alliances avec les mouvements sociaux et les syndicats qui préconisent des emplois décents et des rémunérations équitables. Nous nous engageons à plaider en faveur des travailleurs et des victimes de la servitude de la dette qui sont exploités et privés de leurs droits de former des syndicats.
8. Les Églises et le pouvoir de l’empire
Nous nous engageons à nouveau à réfléchir à la question du pouvoir et de l’empire dans la perspective biblique et théologique, et à prendre une position fondée sur la foi contre les pouvoirs hégémoniques. Tout pouvoir est responsable devant Dieu.
Nous affirmons que le processus de transformation exige de nous qu’en tant qu’Églises nous nous reconnaissions responsables devant les victimes du projet de mondialisation économique. Leurs voix et leurs expériences doivent déterminer la manière dont nous analysons et jugeons ce projet, dans le respect de l’Evangile. Cela implique qu’en tant qu’Églises de différentes régions nous nous rendions des comptes mutuellement, et que ceux d’entre nous qui sont plus près des centres de pouvoir respectent avant toutes choses la loyauté que nous devons observer envers nos sœurs et frères qui font l’expérience des effets négatifs de l’injustice économique mondiale chaque jour de leur vie.
Cet appel AGAPE est une prière pour que nous ayons la force de transformer les structures économiques injustes. Il guidera nos réflexions et nos actions dans la prochaine phase du pèlerinage œcuménique. Notre engagement se fondera sur les conclusions, propositions et recommandations adressées aux Églises sur la base du processus AGAPE tel qu’il est exposé dans le document de référence AGAPE.
15 septembre 2005
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POA, jeudi 16 février

Tout à l'heure a eu lieu la conférence de presse de Mgr Cyrille de Smolensk, n°2 de l'Eglise orthodoxe russe et chef de la délégation du patriarcat de Moscou à Porto Alegre. Les organisateurs avaient ciblé la discussion sur le dialogue inter-religieux et ont invité également Mgr Dandala, un évêque méthodiste d'Afrique du Sud, secrétaire général de la Conférence des Eglises de toute l'Afrique. Bref ce n'est pas le lieu de parler de la cathédrale de Nice ni de la question du territoire canonique qui fait tant de mal en Ukraine aux relations d'amour entre l'Eglise gréco-catholique ukrainienne et l'Eglise russe!
Mgr Cyrille annonce qu'il organisera à la veille du G8 les 4-5 juillet 2006 à Saint Pétersbourg un grand rassemblement de chefs religieux de toute la terre, afin qu'ils s'adressent aux dirigeants du G8 et défendent les 'valeurs religieuses contre les valeurs séculières pour une saine cohabitation'. Je lui demande qui viendra. Mgr Kirill répond que Samuel Kobia a donné déjà son accord ainsi que les chefs des Eglises protestantes, 'une haute délégation du Vatican' et les principaux représentants bouddhistes et musulmans de la terre. Il ajoute qu'il a été déçu par les rassemblements inter-religieux qui ont eu lieu après le 11 septembre 'et qui n'ont rien apporté aux gens'. Le patriarche Bartholomée principal organisateur de la généreuse et puissante déclaration du Bosphore (qui affirme que les religions ne peuvent justifier en aucun cas la violence) appréciera sans doute...
En tout cas quoi qu'on pense de ce discours très politique, cette approche très institutionnelle contraste avec le rapport époustouflant de sa sainteté Aram Ier. J'ai mis son discours en lien car il faut vraiment prendre le temps de le lire de A à Z. Sa critique de l'oecuménisme institutionnel 'ossifié' et son appel à un 'aggiornamento fondamental' du mouvement oecuménique vise juste et répond à une profonde attente. Je me permets de lui dire, lors de sa conférence de presse, que la reconnaissance mutuelle du baptême comme critère d'appartenance au COE pour les Eglises membres permettrait de dépasser ce décalage croissant entre l'oecuménisme de la vie et les craintes des institutions ecclésiales. Il me répond l'oeil brillant : 'C'est mon rêve, il faut descendre des étagères du COE les dizaines de livres prenant acte de la reconnaissance difficile du document Baptême Eucharistie Ministère.' Quel plaisir de voir qu'au plus haut niveau du COE on comprend qu'on ne peut avoir une vision conceptuelle, à la fois idéologique et uniformisante, de l'Eglise. Seule une vision du corps ecclésial comme une réalité personnelle, sapientielle, capable de différencier selon les contextes et les degrés de conscience, permettra de décrisper le monde chrétien de la défense, - justifiée mais déconnectée de la réalité du monde -, de ses identités propres.
Le discours de Samuel Kobia, le secrétaire général du COE est lui aussi très profond, dans un style plus social. Samuel Kobia est un chrétien en colère. Il trouve intolérable que toutes les 5 secondes dans le monde un enfant meurt de faim, que le climat soit déréglé, que les 3 personnes les plus riches de la planète dispose d'une fortune ' supérieure au produit intérieur brut total des 48 pays les moins avancés'. Il affirme que la prolifération nucléaire est un mal bien sûr, mais il ajoute que les pays qui disposent de l'arme nucléaire n'ont aucune légitimité pour forcer les pays les plus pauvres à renoncer à l'arme nucléaire. En revanche le pasteur kenyan cite en exemple un pays comme l'Afrique du Sud (il aurait pu rajouter l'Ukraine) qui dispose de toutes les capacités pour disposer de la puissance atomique mais qui y a renoncé volontairement pour le bien-être de la planète. Il mêle des phrases chocs ('l'apartheid est trop fort pour une Eglise divisée' de Desmond Tutu) avec des récits émouvants (comme ces femmes de Bolivie capables de faire la fête avec trois pommes de terre : 'chez les pauvres le miracle du rassasiement des cinq mille s'opère tous les jours'). Sam Kobia a la nostalgie de la 'festa da vida', la fête de la vie, de la joie du carnaval. Je ne connais pas ses qualités d'administrateur. Mais à ce niveau là, le plus important c'est d'être chrétien, d'avoir confiance en la puissance de Dieu. Le COE peut être tranquille de ce côté là pour les années à venir.
Cela me fait penser à la question du thème de l'assemblée, 'Dieu dans ta grâce, transforme le monde'. Voilà un moment que je m'interroge sur l'origine de ce thème. L'usage est de se baser dans ce genre d'assemblée sur une citation de la Bible. Ce matin Norman Shanks, membre du comité central et concepteur du programme, m'a éclairé sur ce point. Non ce n'est pas une citation de la Bible. Oui c'est une prière inventée par les organisateurs à partir d'une demande des Eglises d'Amérique Latine de centrer le thème de l'assemblée sur les questions de justice sociale. Puis vint une précision. 'La logique aurait voulu qu'on dise: Dieu par ta grâce. Mais nous disons Dieu dans ta grâce, pour signifier que la position fondamentale d'humilité que nous voulons défendre doit s'accompagner d'un travail de participation de l'humanité au dessein de Dieu'. Difficile de faire plus orthodoxe !
Tant de gens pasionnants rencontrés aujourd'hui! Yannick Provost, du COE, toujours souriant et serviable, un vieil ami de l'époque de la Formation Théologique pour la Jeunesse que nous organisions à Paris pour les jeunes orthodoxes il y a 15 ans; Denyse Léger de la bibliothèque du COE, qui vient de nous offrir 800 kgs de livres pour notre institut à Lviv; le métropolite Anastasios d'Albanie, d'une humilité et d'une gentillesse époustouflante, le père Job Getcha, nouvellement nommé doyen de l'Institut saint Serge, et puis de nouveaux amis, surtout parmi les journalistes, tous venus à Porto Alegre, non seulement pour des raisons professionnelles, mais avec l'espoir secret d'entendre des paroles de vie. J'ai dîné également avec le père Serge Govoroun, l'un des meilleurs théologiens en Russie actuellement, qui travaille pour le métropolite Cyrille de Smolensk. Quelle joie de découvrir l'avenir de l'Eglise orthodoxe russe!
10:35 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

